Stress hydrique et cacao : La SODECAO ouvre des discussions stratégiques avec World Waternet
Face aux défis croissants du stress hydrique et du changement climatique, la SODECAO envisage une collaboration technique avec World Waternet pour sécuriser ses pépinières et renforcer la résilience des bassins de production.
La Société de Développement du Cacao (SODECAO) a reçu, jeudi 12 février 2026, un hôte de marque dans sa salle de conférences : Mme Janette Worm, Directrice des Partenariats pour l’Afrique de l’Ouest à World Waternet. Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique d’ouverture stratégique en vue d’une collaboration destinée à renforcer la résilience hydrique de la filière cacao au Cameroun.
Mme Worm était accompagnée de deux de ses collaborateurs, tandis que la délégation de la SODECAO était conduite par M. James ENANG ENANG, Directeur Général Adjoint, entouré de ses proches collaborateurs.
Un contexte marqué par un stress hydrique persistant
Au cœur des échanges : la problématique cruciale de l’eau. La SODECAO, acteur majeur dans la production de plants de qualité et la structuration technique de la filière, fait face à des défis hydriques de plus en plus pressants.
Les effets adverses du changement climatique pèsent lourdement sur les pépinières et sur la production en général. Les cycles pluviométriques deviennent imprévisibles : des pluies abondantes surviennent hors saison, tandis que les périodes critiques de développement des plants connaissent des déficits hydriques marqués. Cette variabilité entraîne d’importantes pertes sur le terrain, fragilise les jeunes plants et compromet les rendements.
Des initiatives ont certes été engagées par la SODECAO, notamment l’installation de systèmes d’adduction et de stockage d’eau dans certaines unités extérieures. Toutefois, ces actions n’ont pas été mises en œuvre dans l’ensemble des zones d’intervention de la SODECAO faute de ressources financières insuffisantes.

Présentation des expertises et convergence des visions
Après les civilités d’usage, les deux institutions ont procédé à la présentation de leurs missions respectives, de leurs axes d’intervention et de leurs expériences dans le domaine de la gestion durable de l’eau (World Waternet) et du développement de la cacaoculture (SODECAO).
Dans son exposé, la SODECAO a dressé un état des lieux sans détour des contraintes hydriques auxquelles elle est confrontée, mettant en lumière l’impact direct de la rareté ou de la mauvaise répartition des pluies sur la qualité des plants, la productivité et, in fine, sur la compétitivité de la filière cacao camerounaise.
Pour sa part, World Waternet, organisation reconnue pour son expertise en gestion intégrée des ressources en eau et en renforcement des capacités institutionnelles, a exprimé son intérêt pour un partenariat technique avec la SODECAO. Mme Janette Worm a salué la clarté des besoins exprimés et indiqué que son organisation étudierait les pistes de collaboration possibles avant de revenir vers la SODECAO avec des propositions concrètes.
Vers un levier stratégique pour la relance de la filière cacao
L’éventualité d’un partenariat avec un acteur international de référence dans le domaine de l’eau pourrait constituer un véritable catalyseur pour les activités de la SODECAO. Une meilleure maîtrise de la ressource hydrique, à travers des solutions techniques adaptées et durables, contribuerait à sécuriser les pépinières, à stabiliser les rendements et à renforcer la résilience des bassins de production face aux aléas climatiques.
Au-delà des enjeux institutionnels, c’est l’ensemble de la chaîne de valeur cacao qui pourrait bénéficier d’une telle coopération. En consolidant la production de plants de qualité en soutenant les producteurs face aux effets du changement climatique, la SODECAO confirme sa volonté de demeurer un pilier central du développement d’une cacaoculture performante, durable et résiliente au Cameroun.
La rencontre du 12 février 2026 apparaît ainsi comme une première étape prometteuse vers un partenariat structurant, susceptible d’insuffler une nouvelle dynamique à l’approvisionnement en eau dans les pépinières et, partant, à renforcer durablement la filière cacao au Cameroun.
Par NJK
























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